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LA TROISIEME GENERATION - complot entre les murs


« Le cinéma, c’est le mensonge vingt-cinq fois par seconde. Et comme tout est mensonge, c’est aussi la vérité. Le fait que la vérité soit mensonge, c’est ce qui fait la valeur d’un film.Au cinéma, le mensonge est masqué et présenté comme vérité. Et pour moi, c’est l’utopie minimale et unique. Prost ! »

La Trosième Génération est un film du cinéaste allemand Rainer Werner Fassbinder. La troisième génération de quoi exactement ? Celle du terrorisme. Sur les cendres encore enfumées du nazisme, l'Allemagne a du mal à se reconstruire perdue entre le refoulement du III° Reich et le besoin de retrouver une identité. Le problème c'est que dans cette nouvelle société tout n'est que mensonge. Les noms du générique clignotent comme un message d'alerte sur un ordinateur en plein bug. Les couleurs sont froides et les images n'en sont que plus tranchantes.

Qu'y a t-il derrière cet iceberg? Une bande de trentenaires cloitrés dans un appartement bourgeois qui préparent la troisième génération du terrorisme. Les relations entre ces personnages sont parasitées par le son continue émanant d'une télévision en hors champs. S'opère sous nos yeux, une volonté de distanciation chère à Fassbinder.

Le film est trouble l'esprit du spectateur, les images et les sons s'enchevêtrent les une sur les autres. La mise en scène éclaire et embrouille en même temps. Fassbinder poursuit son travail de décrire l'état fatigué de son pays en proie au capitalisme et à un passé honteux.
 
 
La Troisième génération - ma note pour ce film :
Réalisé par Rainer Werner Fassbinder
Avec Volker Spengler, Bulle Ogier, Eddie Constantine, ...
Année de production : 1979
APPALOOSA - Les hommes préfèrent l'amour
Viggo Mortensen et Ed Harris. Metropolitan FilmExport

Après avoir réalisé un biopic assez classique mais intéressant sur le peintre new-yorkais d'après-guerre Jackson Pollock, Ed Harris revient derrière la caméra pour mettre en scène un genre constament mort et réssuscité : le western.

On retrouve les codes du genre avec la ligne de front qui sépare un justicier et un homme corrompu, une femme belle et amoureuse, les trains qui traversent le désert, les duels au soleil et les saloon. Mais ce qui est surprenant c'est que le film est parsemé d'humour et prend la décision de ne pas faire un film d'action pour laisser place à une ôde à l'amitié masculine, sincère et fidèle.
Ed Harris et Viggo Mortensen forment ce duo de mâles bien montés d'un colt ou d'un calibre 38, ils ne se disputent rien, ils partagent leur voyage, leur temps et leur droiture. Ils arrivent dans une ville, Appaloosa, où il faut mettre de l'ordre. En contrepartie, ils deviennent les sherif de la ville. Mais c'est sans compter la corruption politique et l'arrivée d'une mystérieuse femme (Renée Zellweger) qui "a toujours besoin d'un homme".

Il y a quelque chose de modeste qui sort du film, peut-être un peu trop. L'humour et l'amour font leur effet et confèrent au genre un parfmun plus subtile qu'à l'accoutumée. Les actions sont assez vite balayées car là n'est pas l'important dans le film, il s'agit plutôt de montrer des personnages qui ont une faiblesse pour les différentes formes de l'amour : l'amour pour une femme, l'amitié particulière et la fidélité.

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+ 3 critiques intéressantes : Analyses et réflexions / JLP fait son cinéma / La houlette du hérisson
 
Appaloosa - ma note pour ce film :
Réalisé par Ed Harris
Avec Ed Harris, Viggo Mortensen, Renée Zellweger, ...
Année de production : 2008
RUMBA - une danse cousue de fil blanc
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Dominique Abel et Fiona Gordon. MK2 Diffusion

C'est la comédie de la rentrée, celle qui devait prolonger le soleil de l'été jusqu'en automne. C'est burlesque, il paraît que c'est poétique et merveilleux. Malheureusement l'héritage cinématographique de Jacques Tati a mal atterrit entre les mains de ces réalisateurs et comédiens belges.

L'ouverture du film dans une salle de classe annonçait le meilleur. Très drôle, le cours d'anglais où les élèves répètent dans la cacophonie une phrase imprononçable et le cours de sport complètement surréaliste où les enfants courent comme des dératés. On comprend un peu l'idée de départ, ce sont des personnages qui font face à des situations hors de leur portée (physique ou intellectuelle). Le film cultivera ce décalage jusqu'à la fin en épuisant les gags grotesques les uns après les autres avec un énorme problème de gestion du rythme. La mécanique est bien trop visible pour arriver à se laisser emporter dans cette rumba burlesque. Certaines scènes n'en finissent plus, on attend désespérément le gag suivant qui ne vaut guère mieux.

Il faut ajouter à cette lourdeur de rythme, un manque de scénario consistant. Très léger, tellement léger, malgré le thème du handicap mis en avant, que le film échappe à sa propre danse. Il est en dehors de toute émotion et de toute poésie. Un peu trop clipesque par moment, quelques jolies scènes viennent édulcorer une histoire déjà bien fade. C'est l'ennui, c'est triste et absolument pas poétique. Ni drôle d'ailleurs...

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+ 4 autres critiques intéressantes : La houlette du hérisson / Le meilleur du cinéma / Persitance rétinienne / Voisin Blogueur

 
Rumba - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
OCTOBRE - De l'influence de Guy Debord sur la cinéma que je regarde
HUMEUR D'OCTOBRE



Pour ce nouveau billet d'humeur, j'ai décidé de copier-coller l'édito que j'ai écrit pour le programme du ciné-club de Bordeaux III. Un édito partagé entre écriture engagée et écriture consensuelle.

"Le ciné-club est un endroit et une occasion d'entrer dans les différentes brèches creusées par le cinéma dans le réel. Il y a autant de brèches que l'on compte de cinéastes et le but d'un ciné-club est de partager ces différents points de vue sur le monde. Loin du souci absurde de devancer les attentes et plaisirs du spectateur, on a cherché avec cette programmation à vous faire découvrir des oeuvres qui considèrent que le spectateur n'est pas un individu passif mais plutôt qu'il est capable d'avoir une réflexion liée à ce qu'il est en train d'entendre et de voir.

"Un cinéaste, ça se demande comment va le monde. S'il ne se pose pas cette question, il fait du cinéma qui se prend le pouls." (André Téchiné)

Peut-être que tout cela paraît dogmatique mais avant ce genre de discours il y a des films. Pour ce premier semestre, on s'est concentré sur trois cycles. Le premier parle du principe de l'enfermement de la folie et de la manière dont notre société fait "avec la folie". Le second rassemble deux films qui ont pour personnage principal un enfant errant dans un pays hostile. Enfin, le troisième et dernier cycle montre deux manières d'aborder le thème biblique de la rédemption.

Cette démarche du ciné-club serait difficilement possible sans le soutien du Service culturel de Bordeaux 3 et bien évidemment sans l'existence de l'association Cinétic qui gère le ciné-club. Ces deux structures culturelles indispensables permettent au cinéma d'être plus proche d'un public jeune et étudiant. Depuis 2003, le ciné-club a pour partenaire le cinéma d'art et d'essai du Jean Vigo où nous projetons un film par mois. C'est le deuxième lieu de projection avec la salle de théâtre de la Maison des Arts.

C'est avec plaisir qu'on commence cette nouvelle année du ciné-club, on vous attend donc le 14 octobre prochain à 18h15 pour la première projection du semestre avec le film "La moindre des choses" de Nicolas Philibert."

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Une nouvelle danse cinématographique pour finir. Il s'agit d'un extrait du film Buffalo 66 réalisé par Vincent Gallo.

 

 
DE L'INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES - portrait de trois femmes liées par les liens du sang et par leur rapport à la fois spirituel ou pathétique du monde


De ce titre imposant sous forme de sujet de thèse en école de sciences et rethéoriques, le film de Paul Newman est d'une poésie modeste à la portée gigantesque. Il raconte la vie en huis-clos de Matilda, jeune fille blonde passionnée par l'atome et les cours de son professeur de physique, Ruth la soeur majorette très populaire et très adolescente et Beatrice, la mère odieuse dont on ne peut s'empêcher d'avoir de la compassion pour elle.

C'est que le film fait se confronter des mondes ou plutôt des atomes. Cette petite famille sans patriarche est à la limite constante de l'implosion. Matilda est cette gamine solitaire qui aime les gens et qui subit quotidienne les remarques désobligeantes et parfois humiliantes de sa soeur et de sa mère. Elle fait pousser chez elle des marguerites qui ont subit à différents degrés des rayons gamma. Ces rayons gamma qui peuvent être des ennemis destructeurs comme des révéléateurs de beauté poussent presque clandestinement dans la maison familial à côté d'un lapin dans une cage un peu encombrant. Sa soeur Ruth est épileptique et entretient une relation empathique et fusionnelle avec sa mère. Elle est le cliché de l'adolescente populaire mais elle aussi subit des persécussions morales. Son rapport aux hommes en l'absence de son père trouve son fondement dans des stéréotypes. Le souci de sa propre image remis en scène dans une séquence fabuleuse où elle surjoue et caricature sa mère dans une pièce de théâtre façon one-woman-show. C'est elle qui admirera plus tard, la présentation magique que sa petite soeur fera de son expérience. Beatrice a la tête remplie d'espoir pathétique. Elle vit encore avec les fantômes d'une adolescence qui ressemble à celle de sa fille Ruth. Elle était la rigolote de service, celle qu'on surnommait "Betty Baloon". Cette image de clown a répercussions sur sa façon d'être, le décalage de l'image qu'elle donne et des rêves qu'elle se donne la meurtrit. Ces trois femmes-marguerites irradiées par les rayons gamma rejouent le rapport moderne de l'homme à sa société. A travers des dialogues superbement écrits et interprétés, Paul Newman montre qu'il est non seulement un très bon acteur mais aussi un cinéaste poétique et talentueux dans la même lignée que Cassavetes.

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+ une autre critique intéressante : VoisinBlogueur
 
De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites - ma note pour ce film :
Réalisé par Paul Newman
Avec Joanne Woodward, Nell Potts, Roberta Wallach, ...
Année de production : 1972
LE SILENCE DE LORNA - le cri de Lorna


Le silence de Lorna, un conte du réel mis en scène par les frères Dardenne, nous parlent de personnages complexes, fragiles et pas totalement désespérés.

Lorna et Claudy, forment un mariage blanc. Le désintérêt de Lorna pour Claudy semble être à la hauteur de l'intérêt du Russe pour son propre mariage blanc, une histoire d'argent. Mais les regards de Lorna sont déstabilisés par sa propre position au sein d'un plan machiavélique qui vise à supprimer Claudy pour se marier avec le Russe contre une grasse somme d'argent.

L'argent joue un doublé élément dans ce film. Il est la source de malheur et de confiance. C'est sur lui que repose le plan machiavélique, c'est lui qui passe de mains en mains contre une dose d'héroïne. Mais c'est aussi lui qui concrétise la confiance de Claudy pour Lorna lorsqu'il lui confie son argent. C'est lui qui sera secrètement gardé à la banque pour assurer le confort du futur enfant à venir. Les Dardenne surpassent le regard simpliste sur le pouvoir nauséabond de l'argent tout en faisant état et écho des conséquences désastreuse d'une mécanique capitaliste. La simplicité et la modestie des frères Dardenne se ressent d'autant plus dans l'écriture des deux personnages principaux.

Claudy, le junkie qui veut s'en sortir, semble trouver en Lorna son autre drogue. Lorna est apesantie par cette responsabilité embarrassante jusqu'à cette scène magnifique où elle ôte ses vêtements un à un pour rejoindre le corps nu et maigre de Claudy. La scène qui suit, très belle aussi, nous montre enfin une Lorna heureuse qui court après Claudy en vélo. Le sourire de Lorna ne tiendra pas bien longtemps, le temps d'une ellipse bouleversante il s'efface.

Le plan machiavélique la rattrape et la plonge dans le silence. Son regard redevient fragile et tente dissimuler son enfermement. Ce silence qui est en fait un cri est parfaitement retranscrit dans la deuxième partie du film qui devient fable.

Immigration, argent, histoire d'amour et de maternité, le silence de Lorna, Claudy, tout le film est comme une musique variante et tragique dont les nuages noirs ne se dissipent jamais.

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+ d'autres critiques intéressantes du film : Salles obscure / VincentLesage / Voisin Blogueur
 
Le Silence de Lorna - ma note pour ce film :

Année de production : 2008
SEPTEMBRE - Jack Bauer c'est un peu comme Batman.
HUMEUR DE SEPTEMBRE

Christian Bale et Heath Ledger. Warner Bros.

Ca y est, il est enfin sur nos écrans, celui qu'on catalogue déjà comme le chef d'oeuvre du cinéma de super-héros. Il en fallait un, en choisir un, est-ce pour renouveler un genre ou pour rendre une machine commerciale plus légitime ?

The Dark Knight serait la synthèse du super-héros, du blockbuster hollywoodien et du cinéma d'auteur. On pourrait confirmer qu'il s'agit bien d'un film d'auteur tant la relecture faite par Nolan se démarque de l'oeuvre originale et propose une réflexion plus poussée et précise de la confrontation du bien et du mal. Pourtant j'ai du mal à percevoir ce film comme un chef d'oeuvre ou même dans une moindre mesure comme un bon film. C'est toujours un peu la même chose, The Dark Knight se la joue film de réflexion qui a beaucoup d'argent, pour cela on parle du bien et du mal et on va dire que l'un ne va pas sans l'autre. Soit, cette lecture me convient tout à fait et me paraît intelligente. Mais le film ne traîte que la surface de sa problématique car il propose davantage de réponses et de grandes phrases philosophiques toutes faites que de questions.

Si je parle de ça et si je fais ici un peu ma deuxième critique du film, c'est qu'il me semble qu'une question primordiale n'a pas été posé. Qui est Batman ? Certains le comparent à Bush, à McCain et même à Obama. Le film le dresse en héros et le victimise dans une scène finale assez fascinante. L'ambiguité du personnage ne tient pas debout, Batman c'est plutôt Jack Bauer avec une cape noire. C'est un missionnaire, un envoyé divin et divinisé. Un combattant qui ne fait qu'éradiquer le mal à coup de castagnes dans la gueule. Batman c'est ce que souhaitent secrètement la société occidentale pour éliminer les mauvaises herbes autour de nous. Mais comme les mauvaises herbes sont imprévisibles et poussent toujours, ça a l'effet d'un coup de baton dans l'eau.

Hollywood aura réussit cela avec ce film. Rendre Jack Bauer, missionnaire réactionnaire, légitime et rentable aux yeux du monde.

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Une petite danse pour finir, il s'agit d'un extrait du film Gilda avec Rita Hayworth qui interprète la chanson "Put the blame on me".



 
The Dark Knight, Le Chevalier Noir
BABYLON A.D. - philosophie d'autocollant


Matthieu Kassovitz nous prévient, ce film est "violent et débile". Je veux bien le croire, je lui fais confiance à ce niveau-là non parce que je pense qu'il s'est fait avoir avec ce film mais plutôt parce qu'il essaie lui-même de nous avoir depuis longtemps. Réalisateur surestimé à mon sens, je suis allé voir ce film avec toute ma mauvaise foi, dans le but de ne pas aimer ce film.

J'ai voulu voir à quel point ce film était pitoyable, violent et débile. Je voulais voir ce que ça faisait d'être un frenchy à Hollywood et de refuser sciemment le final cut d'un film qu'on considère important pour sa carrière en échange de gros sous. En réalité, ce qui me gêne le plus dans ce film, c'est son intention et les moyens qu'il se donne pour l'accomplir. Que croyait Kassovitz? Qu'il pouvait faire un film philosophique sur la fin du monde en étant produit par la FOX, un société qui participe activement et financièrement à accélérer cet apocalypse? Il est bien naïf notre français ou bien a t-il été aveuglé par ses fantasmes de faire des chef-d'oeuvres comme ses idoles hollywoodiennes. Lui qui critiquait les cinéastes français de tourner autour de leur nombril, je trouve ça fort en Chocapic de sa part !

Le pire c'est que le film m'a finalement surprit. Je m'attendais à un mauvais film prétentieux, violent et débile et en fait j'ai vu pire, j'ai vu un film pathétique. Violent ? Pas tant que ça, c'est une pichenette bien française, Vin Diesel ne fait même pas peur. Vous l'avez-vous se battre contre le gorille dans la cage en verre d'une boite de nuit ? C'est bizarre mais j'ai eu l'impression de voir deux garçons un peu turbulents se battre dans une cour d'école. Une pichenette...

Pour finir, on apprend que la violence c'est pas bien mais c'est cool quand même car il faut bien que le spectateur ne s'endorme pas trop vite. La guerre non plus c'est pas bien mais une fusillade dans une rue New-Yorkaise c'est tellement chic, surtout quand on se bat pour protéger une pucelle insignifiante. Et puis le capitalisme c'est pas terrible non plus mais bon heureusement qu'il existe pour permettre à Kassovitz de produire ses films.
 
Babylon A. D. - ma note pour ce film :
Réalisé par Mathieu Kassovitz
Avec Vin Diesel, Mélanie Thierry, Michelle Yeoh, ...
Année de production : 2008
Dardenne et Comolli sur les ondes
Les réalisateurs Jean-Pierre Dardenne et Luc Dardenne. Diaphana Films

A écouter, un entretien entre Michel Ciment et Luc Dardenne à propos du Silence de Lorna sorti mercredi dernier. Dardenne revient sur la construction du personnage de Lorna, la rencontre avec Claudy, le travail d'enquête pour faire ce film et son rapport à la réalité. L'entretien est à écouter librement dès maintenant dans l'émission Projection privée.

A écouter encore un entretien épisodique entre Simone Douek et Jean-Louis Comolli, un critique de cinéma mais également un cinéaste engagé. Il aborde les thèmes du spectacle et du non-spectacle, des limites du cinéma, de la parole et du militantisme. Il s'agit d'un entretien très riche et complémentaire avec l'interview de Dardenne.

Ecouter Luc Dardenne.
Ecouter Jean-Louis Comolli.
 
 
BIG LOVE | Le coeur a ses raisons...



UNE FAMILLE TRANSGRESSIVE.

Big Love est une série estampillée HBO produite par Tom Hanks. Elle raconte l'histoire d'une famille de mormons polygames: Bill et ses trois femmes Barbara, Nicky et Margene. C'est une énième série sur le thème de la famille mais approchée de manière assez transgressive en abordant le sujet de la polygamie. Sauf qu'ici à l'instar des Soprano, les scénaristes ne jugent pas leurs personnages, ils tentent de nous les faire comprendre. Dans la forme cela ressemble à 7 à la maison mais dans le fond c'est un pamphlet contre l'institution américaine.

Pour bien remettre dans le contexte, il faut savoir que la famille Henricksen vit en marge de la communauté mormone qui prône une religion intégriste. Ils préfèrent vivre au sein de la société américaine mais cachés. Ainsi Bill a acheté 3 maisons voisines pour chacune de ses femmes afin de ne pas montrer au grand jour qu'ils sont polygames. C'est une famille qui d'un coté comme de l'autre vit dans l'exclusion et la marginalisation, la polygamie étant interdite en Amérique.

Ce qui est encore plus transgressif c'est que finalement cette famille n'est ni meilleure ni pire que les autres familles dites "normales". Et la série n'accuse pas seulement le pouvoir machiavélique de l'Amérique bien-penssante, elle critique aussi la religion en général à travers la religion mormone que ce soit à travers la place des femmes que sur l'éducation des enfants et le partage du pouvoir.

MORMONS AU BORD DE LA CRISE DE NERF.

Le principal atout de Big Love ce sont les personnages des 3 épouses et de leurs enfants. Parmi les épouses il y a Barbara, la première femme, la seule à avoir un travail (professeur) et qui a deux enfants en fin d'adolescence. Barbara est une femme responsable et posée qui a fait beaucoup de sacrifice pour sa famille. Il y a la deuxième épouse, Nicky, interprété par la magistrale Chloé Sévigny (The Brown Bunny), qui est la seule à avoir grandi dans la communauté mormone et a été éduqué selon le Principe. C'est la plus conservatrice des trois épouses. Enfin, il y a Margene, le plus jeune et la plus ouverte d'esprit. Bill l'aime beaucoup car c'est une fille facile à vivre et très sexy, toujours prête à le soutenir.

La relation entre ces trois femmes est très émouvante car même si la jalousie est souvent présente, elles se vouent entre elles un respect et une affection qui résiste à toute épreuve. Elles se considèrent toutes commes des âmes soeurs et lorsqu'il y a des disputes les choses prennent alors une ampleur considérable.

Autres personnages intéressants: les enfants de Barbara. Ben se sent la responsabilité de perpétuer la religion mormone et la polygamie tandis que sa soeur, Sarah, préfère s'en éloigner et goûter à la liberté de choisir un destin différent. Le personnage de Sarah est certainement le plus lucide de la série et sa famille n'aime pas tellement ça car elle les oblige souvent à se remettre en question.

Le principal défaut de la série est qu'elle se perd parfois à raconter les déboires financiers de l'entreprise de Bill au détriment de ce qui se passe au sein du cercle familial. Et la mise en scène manque d'audace par rapport au sujet. La série en est à sa deuxième saison et elle s'améliore avec le temps, on espère que le meilleur est à venir car on sent que les personnages se radicalisent et cela promet beaucoup plus de tensions et de dramaturgie à venir.
 
Big Love - ma note pour cette série :
Série créée par Will Scheffer, Mark V. Olsen
Avec Harry Dean Stanton, Chloë Sevigny, Bill Paxton, ...
Nationalité : américaine
Jukebox Cinématique
Toutes mes critiques de films sont répertoriées dans cet article.
Nombre de critiques: 47.

(dernière mise à jour: 15 septembre 2008)

0 - 9
2 days in Paris de Julie Delpy (2007)

A - D
Actrices de Valerie Bruni-Tedeschi (2007)
A ma soeur ! de Catherine Breillat (2001)
Alila de Amos Gitaï (2003)
Anna M. de Michel Spinoza (2007)
Babylon A.D. de Mathieu Kassovitz (2008)
Bamako d'Abderrahmane Sissako (2006)
Be kind rewind de Michel Gondry (2008)
Bully de Larry Clark (2001)
Death proof de Quentin Taratino (2007)
De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites de Paul Newman (1972)

E - I
Funny Games U.S. de Michael Haneke (2008)
Gomorra de Matteo Garrone (2008)
Gone baby gone de Ben Affleck (2007)

J - M
J'embrasse pas d'André Téchiné (1991)
Kids de Larry Clark (1995)
L'esprit de la ruche de Victor Erice (1973)
La Guerre des mondes de Steven Spielberg (2005)
La guerre selon Charlie Wilson de Mike Nichols (2008)
La gueule ouverte de Maurice Pialat (1974)
Le couteau dans l'eau de Roman Polanski (1962)
Le silence de Lorna de Jean-Pierre et Luc Dardenne (2008)
Les Proies de Gonzalo Lopez-Gallego (2008)
La Môme d'Olivier Dahan (2007)
Le premier venu de Jacques Doillon (2008)
Les Chansons d'amour de Christophe Honoré (2007)
Monika d'Ingmar Bergman (1953)
My blueberry nights de Wong Kar-Waï (2007)

N - S
No sex last night de Sophie Calle et Greg Shepard (1996)
Paris de Raymond Depardon (1998)
Phénomènes de M. Night Shyamalan (2008)
Planet terror de Robert Rodriguez (2007)
Qu'est-il arrivé à Baby Jane? de Robert Aldrich (1962)
Redacted de Brian de Palma (2008)
Sept ans de réflexion de Billy Wilder (1955)
Sex & the City de Michael patrick King (2008)
Shortbus de John Cameron Mitchell (2006)
Smiley face de Gregg Araki (2008)
Surveillance de Jennifer Chamber Lynch (2008)
Sweeney Todd de Tim Burton (2008)

T - Z
Ten d'Abbas Kiarostami (2002)
The dark knight de Christopher Nolan (2008)
There will be blood de Paul Thomas Anderson (2008)
Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin (2008)
Valse avec Bachir d'Ari Folman (2008)
Wall-E d'Andrew Stanton (2008)
Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni (1970)
 
GOMORRA - entre les mains de la mafia


D'accord Gomorra c'est le Grand Prix du jury à Cannes. Mais c'est avant tout un film politique unique et nécessaire. Matteo Garrone va au-delà du néo-réalisme italien, il cherche à prendre de la hateur et à montrer ce quartier délabré en vue d'oiseau.

Le film ressemble à un long documentaire d'investigation. Il entre à ses risques et périls dans l'univers bien ancré du crime organisé en Italie. Il prend place tout d'abord dans le petit microcosme d'un quartier. Règlements de comptes, traffics d'armes mais aussi traitements de déchets, fabrication de prêt-à-porter, de contre-façon.

Deux jeunes hommes, encore sous l'emprise du Parrain et de Scarface, jouent les troublions et les gangsters prêts à flinguer. Garrone filme le lien ténu qui les relie à leurs propres fantasmes. Un couturier vend son savoir-faire aux ennemis de la Camorra pour qui il travail. Il cherche à restituer son talent, à se faire admirer au-delà de ses activités illégales. Un gamin déjà bien au courant de ce qui se passe autour de lui souhaite intégrer le clan ennemi de sa propre famille, illustration du modèle familial qui court à sa perte.

Le temps restreint du film, temps épisodique et passager, montre bien plus que les ravages de tels activités. Il les remets en question, cherche à comprendre leur existence et leur puissance. Continuellement sous tension, le film se désamorce une seule et unique fois quand un des disciples décide de quitter ce monde en cours de route, la caméra se tourne vers les paysages et le lointain, la lumière se fait plus douce et rassurante. Cette fuite en avant vient contre-balancer avec le pessimisme total du film. La Camorra est bien ancrée dans ce pays et inversement.

"C'est grâce à moi que ce pays de merde fait partie de l'Europe".

Ce quartier de Naples n'est qu'une plaque tournante pour les traffics de drogues. Cette idée illustre les mécanismes du crime organisé. Des informations ponctuelles dans le film viennent annoncer de l'ampleur internationale de ces actions nauséabondes. L'Italie dort entre les mains de la mafia et les images de Gomorra met ce problème en évidence.

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+ trois critiques allocinéennes intéressantes: Cristal / Freezeur / Vivienman.
 
Gomorra - ma note pour ce film :
Réalisé par Matteo Garrone
Avec Salvatore Abruzzese, Gianfelice Imparato, Maria Nazionale, ...
Année de production : 2008
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